Comptes-rendus des réunions | Ville du Lamentin

  • 25 Jan 2019

Réunion citoyenne pour le titre mondial de Réserve de Biosphère, ville du Lamentin

 

L’association Martinique Réserve de Biosphère s’était mise en quatre en ce début 2019 avec quatre réunions territoriales du 16 au 19 Janvier. Ces rencontres avec  les habitants des communes afin de les informer et co-construire la candidature au titre mondial de Réserve de Biosphère attribué par l’UNESCO se sont achevées dans la ville du Lamentin. Les Lamentinoises et Lamentinois venus très nombreux ont été soutenus par les Juniors Rangers, étudiants du collège Edouard Glissant. De nombreuses richesses ont été identifiées comme la mangrove du Lamentin, le four à chaux, les sources chaudes, le jumelage culturel avec Santiago (Cuba) et Carrefour (Haïti) ou encore l’implication de la jeunesse lamentinoise dans les actions pour l’environnement.

M. le Maire, David Zobda, a souhaité la bienvenue au centre culturel du bourg du Lamentin à tous les habitants du Lamentin présents en ce matin, samedi 19 Janvier, jour du marché au bourg. M. Zobda, a posé la question « Combien de temps encore allons-nous supporter les grands évènements majeurs, supporter la déforestation, supporter le blanchiment des coraux … ? »

Il a pu rappeler que « nous savons faire ». Et malgré notre  sentiment d’impuissance et nos difficultés à s’engager, « chacun peut agir et doit contribuer à son échelle à un mouvement de fond ». Le Penser global, Agir local avait été lancé. « Ici au Lamentin on peut faire. On doit faire des choix. Il faut communiquer les uns et les autres, aimer son pays, identifier les sites à valoriser et faire que la connaissance de ce pays soit parfaite ». Les mots de M. le Maire ont ainsi encouragé les habitants du Lamentin à s’impliquer dans la démarche participative de la candidature de la Martinique au titre de Réserve de Biosphère. M. Zobda a illustré ses propos par des exemples lamentinois : l’Inventaire Biologique Rapide de la mangrove du Lamentin et de la baie de Genipa ; le projet autour des zones industrielles avec les entreprises afin de protéger la mangrove présente sur ces zones d’activités ou encore la réhabilitation du site du morne Cabri par les Juniors Rangers…

Les Juniors Rangers se sont déplacés spécialement pour cette réunion citoyenne afin d’être, eux aussi, artisans du présent et du futur de notre île et contribuer à la candidature au titre mondial de Réserve de Biosphère. Ces collégiens ont présenté notamment leurs actions autour de la gestion du morne Cabri. De leurs rencontres auprès de professionnels et experts de l’environnement, les étudiants nous ont fait découvrir le travail d’un entomologiste, expert en insectes. Des résultats surprenants ont été révélés : en effet les études biologiques sur la mangrove du Lamentin ont mis en évidence une trentaine d’espèces de mollusques dont 15 endémiques de Martinique, alors que seules 12 espèces de mollusques étaient auparavant répertoriées.

Après la présentation du projet de candidature de la Martinique par la présidente de l’association, Nathalie de Pompignan, les habitants ont été invités à se répartir en quatre ateliers pour définir ensemble les éléments dont ils peuvent être fiers dans leur commune, en Martinique et les actions pour les valoriser. Ces ateliers abordent les grandes thématiques d’une Réserve de Biosphère : les richesses naturelles, richesses culturelles, les savoir-faire et activités contribuant au développement durable ; la recherche et l’éducation à l’environnement. Les participants ont pensé l’avenir de la Martinique et les Juniors Rangers ont présenté les comptes rendus de chaque atelier.

Richesses naturelles – La mangrove du Lamentin, la baie de Californie, le Morne Capot, le point de vue du morne Pitault… sont autant de trésors naturels dont les habitants sont fiers. En Martinique, parmi les innombrables richesses naturelles citées : la canne à sucre, le cacao, le café, les fibres végétales naturelles… Mais aussi les cascades, les Pitons, la baie de Fort-de-France, les écosystèmes comme les coraux et les herbiers… et surtout La diversité de nos paysages. Pourtant l’urbanisme et le nautisme non contrôlé, la surpêche, la montée des eaux, les risques naturels comme les cyclones ou les séismes sont des menaces pesant sur ces richesses de Martinique.

Richesses culturelles – Ont été déterminés comme atouts culturels par les participants la langue créole, les habitations comme la Favorite, la nuit de la soupe bô kay, danmyé, samedi gloria, la nuit des contes, le festival de la clarinette, les centres culturels comme le centre culturel du bourg qui a accueilli la réunion citoyenne du Lamentin. En Martinique, ont été choisis, entre autres, le bèlè, le damnyé, la haute taille, le carnaval, les chanté nwel, le 22 Mai, les costumes traditionnels, les pitts à coqs ou encore notre gastronomie. Notre pluralité culturelle est bien la richesse culturelle que les habitants ont unanimement reconnue.

Savoir-faire, activités et produits liés au développement durable – Au Lamentin, la fabrication de la chaux du gommier est un savoir-faire présenté comme une richesse. La marina du port Cohé, les activités nautiques, le cacao et le chocolat Lauzéa, tout comme la distillerie la Favorite ou encore le parcours de santé du morne Cabri sont des activités à valoriser sur la commune. En Martinique, les savoir-faire traditionnels autour de la terre rouge comme la fabrication de brique, et également autour des plantes médicinales et la pharmacopée sont à mettre en valeur. Développer la géothermie et le thermalisme en s’appuyant sur les sources chaudes de la commune est une piste d’action suggérées par les participants. Mais aussi valoriser l’artisanat et la transformation de nos produits locaux issus d’une agriculture raisonnée. L’agriculture en milieu urbain, par exemple sur les toits, fait partie des solutions innovantes à mettre en place. Le travail du bakoua et celui des fibres végétales naturelles en général ont été suggérés comme alternative écologique au plastique.

Recherche et éducation à l’environnement – Il a été évident pour les participants que l’exemple du collège Edouard Glissant et des collégiens membres des Juniors Rangers est une action exemplaire. La ville du Lamentin a également impliqué les jeunes dans les défis environnementaux : des jardins potagers ont été mis en place dans certaines écoles maternelles. Les participants ont souligné le projet autour de la mangrove qui a permis de mieux la connaître autant sur les aspects biologiques que sociologiques (inventaire des pratiques humaines et des perception des populations et des différents publics) ; de mieux la valoriser au travers de programmes d’éducation à l’environnement et de sensibilisation et de mieux la gérer en impliquant tous les professionnels de la zone et les collégiens. Les Lamentinois ont proposé de mutualiser toutes les actions de recherche de la Martinique, notamment leurs résultats en les rendant publiques. La question des déchets a été abordée et de nombreuses actions ont été proposées pour optimiser leur gestion, du ramassage à leur valorisation. Les participants ont souhaité que l’éducation à l’environnement soit généralisée à tous les publics : auprès des professionnels comme de tous les scolaires (de la maternelle à l’université). Le 5 Juin, journée mondiale de l’environnement, pourrait être ainsi l’occasion d’actions de sensibilisation généralisées dans toute la commune du Lamentin par exemple.

Poumon de la Martinique, poumon vert grâce à sa mangrove d’exception et poumon économique grâce ses zones d’activités et industrielle, la ville du Lamentin a insufflé une bouffée d’optimisme et d’inspiration. La jeunesse lamentinoise présente et engagée a bien donné le goût de l’avenir. M. le Maire, David Zobda, a conclu par un proverbe prenant tout son sens pour l’avenir de nos trésors martiniquais « Sé grèn diri ka fè sak diri. Ce sont les grains de riz qui font les sacs de riz. »

Toutes les Martiniquaises et Martiniquais sont invités à partager ce dont nous pouvons être fiers sur notre île afin de construire ensemble la candidature de la Martinique au titre mondial de Réserve de Biosphère attribué par l’UNESCO. Les talents de chacune et chacun sont sollicités. Les prochaines réunions citoyennes auront lieu en mars. L’association vous attend impatiemment.