Comptes-rendus des réunions | Ville du Marin

  • 18 Déc 2018

Réunion citoyenne pour le titre mondial de Réserve de Biosphère, ville du Marin.

 

C’est dans la ville du Marin, abritant le plus grand port de plaisance de Martinique, que s’est tenue vendredi 14 décembre 2018 la huitième réunion citoyenne pour la candidature de la Martinique au titre mondial de Réserve de Biosphère, attribué par l’UNESCO. Les Marinois et Marinoises ont partagé les savoir-faire autour du nautisme, les richesses du Morne Gommier ou encore les initiatives autour de la réhabilitation des mares. 

Monsieur Dachir, adjoint au Maire, a accueilli les participants au nom de Monsieur le Maire, Monsieur Rodolphe Désiré, qui souhaitait beaucoup de succès à la réunion citoyenne et aux ateliers participatifs rassemblant les habitants de la ville du Marin. M. Dachir a rappelé les orientations de la ville envers l’économie bleue, afin de favoriser l’utilisation durable des ressources de l’océan et un développement des activités économiques et sociales préservant la santé des écosystèmes marins. Ainsi la démarche de candidature au titre mondial de Réserve de Biosphère fait écho aux choix stratégiques du Marin, ville tournée vers la Mer. M. Jean-Paul Jouanelle a poursuivi en présentant le projet de candidature et les atouts de ce titre de l’UNESCO pour la Martinique.

Les Marinois et Marinoises ont répondu présents et se sont montré très engagés dans la démarche participative, cœur de la candidature de Réserve de Biosphère. Au sein de quatre ateliers, ils ont défini les atouts dont ils sont fiers dans leur commune et en Martinique puis proposé des actions afin de valoriser ces atouts. Chaque atelier s’est intéressé plus particulièrement à une des grandes thématiques du titre Réserve de Biosphère.

Richesses naturelles. Les Marinois ont cité bien évidemment la Baie du Marin comme un des trésors naturels de la commune. Les sites naturels ont été également mis à l’honneur comme le Morne Gommier, le Morne Aca, le Morne Sulpice, Macabou ou encore la Pointe Borgnèse. Les espèces végétales emblématiques sont également des richesses comme le pommier cannelle, endémique et présent au morne Sulpice. En Martinique, ont été notés la Mangrove de Génipa, les Ilets, la Montagne Pelée ou encore la Caravelle. La diversité des sols favorisant la diversité des cultures est une richesse naturelle. Les participants ont identifié les menaces pesant sur ces richesses comme l’érosion, les mouillages, responsables de la destruction des récifs coralliens ou le manque de civisme.

Richesses culturelles. Ont été mises en lumière l’Eglise Saint-Etienne et sa façade. Terre d’artistes, les participants ont reconnu comme richesses tous les peintres, designers, musiciens, sculpteurs, artisans présents au Marin et la vannerie au Morne Gommier. En Martinique, les courses de chevaux et mulets de Sainte-Marie, l’histoire de Saint-Pierre, le Tour des Yoles rondes ou encore les danses folkloriques et tenues traditionnelles ont été mis en avant. Les participants ont souhaité que des évènements marinois comme le marché d’art contemporain ou le festival Marin Village soient pérennisés. L’organisation d’une fête nautique internationale au Marin a été proposée comme action, tout comme la mutualisation des moyens en Martinique autour du nautisme.

Savoir-faire, activités et produits liés au développement durable.
Le port de plaisance du Marin, la marina, les yoles rondes notamment les initiations et courses de yole ont été cités. La pêche a été soulignée comme activité dont les Marinois sont fiers. Le port de pêche du Marin est actuellement en cours de construction avec des installations qui feront de lui l’un des ports de pêche les plus modernes de Martinique. En Martinique, le rhum, la vannerie, l’artisanat du bois ont été mis en exergue par les participants. Les jardins de plantes médicinales et les jardins créoles sont à encourager. Des actions pour le retour des jeunes formés à l’extérieur, l’encadrement des seniors ou encore des associations des anciens ont également été souhaités. Le Marin détient sur son territoire un riche savoir-faire dans la construction de gommiers, ce qui est à valoriser. En effet, l’histoire du gommier et celle de la yole sont intimement liées au Marin. De même, les habitants présents ont proposé de remettre en valeur et en chantier la yole plate. Les savoir-faire anciens autour des techniques de survie, de chasse ou encore de la pêche (on pense notamment aux différentes techniques de piégeage) sont également à revaloriser.

Recherche et éducation à l’environnement. Les initiatives privées concernant l’éducation à l’environnement et au développement durable ont été évoquées dont les ballades équestres de découverte du territoire ou encore la découverte des fonds marins avec l’Aquabulle. Le Parc ethnobotanique, unique dans la Caraïbe, a été reconnu comme un atout pour la recherche et l’éducation à l’environnement. Le Jardin du Macabou a été retenu par ses expériences sur la valorisation et transformation du corossol.

En Martinique, les réserves marines et le parc marin représentent selon les participants un espace original regroupant tous les acteurs de l’espace marin autour de sa gestion. Les initiatives volontaristes des entreprises qui s’engagent pour l’environnement sont à souligner, notamment les actions de l’association Entreprises & Environnement (dont notamment Opérations Pays Propre). Ont également été mentionnées les aires marines éducatives (AME) dont celle du Carbet et des Anses d’Arlet. Les Marinois ont formulé le souhait que cet outil soit plus largement utilisé en Martinique. Les participants ont aussi proposé de développer la recherche sur l’utilisation de la pouzzolane, formée de débris volcaniques, et sa valorisation (notamment pour le ciment). La remise en état des marais et des actions autour de la gestion de l’eau ont été suggérées. Les réseaux d’assainissement privés non connectés aux égouts sont à gérer pour assurer une bonne qualité des eaux et des efforts sur la gestion des déchets sont à faire. Ainsi, les initiatives de transformation des déchets verts comme au François et au Robert ont été évoquées. Les Marinois ont en effet indiqué qu’un « gap important entre les outils à disposition et la population » existait. Ainsi a été proposée une sensibilisation à la gestion des déchets et au tri. « Plus on fait de tri, moins on paye » a déclaré un participant.

M. Dachir a conclu la réunion en remerciant les participants de leur active implication et leurs propositions très intéressantes et riches. « L’insularité nous oblige à relever des défis mais nous confère de réels atouts pour les surmonter ». Les informations recueillies seront intégrées à la synthèse des réunions des communes de Martinique. Les prochaines réunions citoyennes auront lieu dès Janvier 2019. Nous vous attendons avec impatience pour ensemble construire la candidature de la Martinique au titre mondial de Réserve de Biosphère attribué par l’UNESCO.