Compte-rendu des réunions | Ville de Bellefontaine

  • 03 Juil 2019

Réunion citoyenne pour le titre mondial de Réserve de Biosphère, ville de Bellefontaine

 

En ce dernier vendredi du mois de juin, nous étions accueillis à la maison des associations de Bellefontaine, pour présenter et co-construire la candidature de la Martinique au titre mondial de Réserve de Biosphère avec les Bellifontaines et Bellifontains.

M. Ugo Avinin, 1er adjoint au Maire, a initié cette réunion citoyenne en adressant ses remerciements à l’association et aux participants. Enchanté d’être associé à la démarche, il a attesté de l’importance de participer au projet et de la chance d’avoir un tel outil mondial pour valoriser le patrimoine Martiniquais : « c’est une démarche extrêmement enrichissante pour nous tous ».

Mme Nathalie de Pompignan, Présidente de l’association, a tout d’abord remercié les participants ainsi que la ville de Bellefontaine, qu’elle a tenu à féliciter pour ce beau lieu dans lequel nous étions reçus. Puis, elle a présenté l’origine du projet et de l’association, exposé les outils que l’UNESCO met au service des territoires pour les valoriser, et éclairci les participants sur le terme de Réserve de Biosphère. Ce titre met en valeur un territoire, ses richesses naturelles et culturelles, dans une démarche de développement durable. C’est un projet qui rassemble, puisque nous travaillons ensemble, dans une démarche participative, destinée à valoriser notre île et ses atouts. De plus, il pourra permettre à la Martinique d’intégrer un réseau national, régional et mondial, accroître notre visibilité et collaborer sur des problématiques communes avec d’autres territoires. Nathalie de Pompignan a interpelé les habitants sur le rôle fondamental qu’ils ont à jouer. Ces derniers ont d’ailleurs pris la relève, en participant à des ateliers sur les quatre thématiques usuelles : les richesses naturelles ; les richesses culturelles ; les savoir-faire, produits et activités liés au développement durable ; et la recherche et l’éducation à l’environnement. Ensemble, ils ont partagé ce dont ils sont fiers dans leur commune et en Martinique, ainsi que leurs idées pour valoriser ces richesses et aller de l’avant.

Les richesses naturelles Les Bellifontains sont fiers de la diversité des milieux forestiers représentés sur leur commune, des fonds marins, du Morne Piquet et de la discrète cascade du Piton Lacroix. En Martinique, la montagne Pelée, le tombolo de Sainte-Marie, la rivière Trois-Bras, les rivières d’Ajoupa-Bouillon, l’Anse Couleuvre, le Saut Gendarme, le Saut Babin, les Gorges de la Falaise et les cascades de manière générale rendent les participants fiers de leur île. Ces richesses sont pour eux menacées par l’urbanisation, la pollution, notamment plastique, les VHU et les déchets ménagers déposés sur les bords de route. La pollution lumineuse est également un défi, car elle affecte la faune et la flore et l’éclairage nocturne est consommateur d’énergie. Ils proposent, entre autres, d’améliorer les éclairages avec des détecteurs de mouvement. Enfin, les sargasses ont aussi été désignées comme menace.

Les richesses culturelles – La pêche à la senne, activité traditionnelle de Bellefontaine, est une richesse culturelle pour les habitants. L’agriculture, la production de farine de manioc, la gastronomie, la musique (tambours), les chants (chorales), le carnaval, et l’aviron rendent fiers les Bellifontains. L’Eglise paroissiale Saint-Pierre-Aux-Liens ainsi que la maison Torgiléo, toutes deux monuments labélisés « Patrimoine XXème siècle », sont des richesses architecturales de la commune. Concernant la Martinique, le carnaval, les musées, les jardins botaniques, la vannerie, la poterie, le du rhum, les costumes, danses et musiques traditionnels, les écrivains et la littérature, le tour des Yoles et les combats de coqs ont été distingués. Les habitants aimeraient pouvoir enseigner les musiques et les danses traditionnelles, revaloriser le chouval-bwa, l’ambiance Paillote, les jeux d’Antan et les échoppes traditionnelles.

Les savoir-faire, produits et activités liés au développement durable – Les habitants sont heureux de l’engagement des acteurs de leur commune dans le développement durable. Ils ont valorisé le pôle de transition énergétique d’EDF, la Case à Manioc, le restaurant Raphaël Concept 972 qui organise des animations/repas à partir de produits locaux et activités culturelles locales, les randonnées, les fermes aquacoles, la pêche artisanale, leurs agriculteurs, leurs terres zéro chlordécone, la vente de proximité de produits frais, les jus de fruits de Monsieur Didier Vango, ainsi que l’entreprise Fideline 2000 et l’association AVAPLAMAR (Association de Valorisation des Plantes Médicinales de la Martinique), pour leur investissement dans la pharmacopée locale. Au niveau de la Martinique, ils ont relevé les efforts entrepris sur le transport (TCSP et navettes maritimes) et la transition énergétique, la valorisation des déchets verts, notamment la bagasse, l’industrie locale durable et l’artisanat local durable, les jardins créoles, l’économie de proximité et la consommation locale. Ils saluent également les institutions engagées dans le développement durable, comme le Parc Marin, les Réserves Naturelles, le domaine d’Emeraude, etc. Pour le futur, ils souhaiteraient qu’il y ait davantage de transformation locale des produits de la pêche et de l’agriculture, créer un label pour les productions locales, développer les actions de sensibilisation à la préservation de l’environnement (grand public, professionnels, scolaires), augmenter le nombre de transports collectifs propres, avoir une urbanisation raisonnée, reboiser et fleurir les communes.

La recherche et l’éducation à l’environnement – Dans la commune, les participants sont fiers des actions entreprises par le centre aéré, comme le nettoyage des plages, de la sensibilisation au tri des déchets et au recyclage effectuée dans les écoles, et des visites proposées par EDF du showroom de la transition énergétique. Sur l’île dans son ensemble, les recherches et la sensibilisation effectuées par le CDST, le Carbet des Sciences, AVAPLAMAR et les diverses associations de défense de la biodiversité terrestre et marine ont été reconnus. Ils proposent que des actions d’éducation soient menées en faveur du jardinage et de la faune et la flore, par exemple des sorties scolaires au zoo, ou à la vallée des papillons et encouragent la prise de connaissance et l’utilisation des outils d’éducation à l’environnement déjà existants. Replanter la mangrove et développer les recherches sur les sargasses et la pollution de l’air sont essentiels.

L’association a répondu aux questions des participants, puis Jean-Paul Jouanelle, Vice-Président de Martinique Réserve de Biosphère, et M. Avinin ont achevé cette réunion en remerciant très vivement, pour leur participation et importante contribution à ce projet collectif, les habitants présents, tous conviés à poursuivre les discussions autour d’un pot de clôture.