Compte-rendu des réunions | Ville de Sainte-Luce

  • 29 Juil 2019

Réunion citoyenne pour le titre mondial de Réserve de Biosphère, ville de Sainte-Luce

 

C’est à Sainte-Luce, commune touristique reconnue, que nous avons réalisé notre 29ème réunion de présentation et de co-construction de la candidature au titre mondial de Réserve de Biosphère, vendredi 26 juillet. M. Willy Louis-Sidney, adjoint au Maire, a chaleureusement accueilli les personnes présentes, et a témoigné du soutien de Monsieur le Maire, M. Nicaise Monrose, à la démarche de candidature. Puis, Mme Nathalie de Pompignan, Présidente de l’association, a remercié vivement les participants et leur a présenté le projet.

Ce projet est parti de deux constats : la Martinique est un trésor, terrestre et marin, culturel et humain, mais elle doit aussi faire face à de nombreux défis. Pour les relever, l’UNESCO (l’Organisations des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) peut attribuer aux territoires deux titres mondiaux qui sont des reconnaissances de la valeur particulière de leurs atouts. Notre île a engagé des démarches de candidature concernant ces deux titres : le titre du Patrimoine mondial, naturel avec les volcans et forêts de la Montagne Pelée et des Pitons du Nord, mais aussi culturel immatériel, avec la Yole ronde, et le titre de Réserve de Biosphère, pour l’ensemble du territoire. Ces démarches se renforcent mutuellement et se complètent. Une chance à saisir pour la Martinique !

La Réserve de Biosphère émane de la volonté locale et non de l’Etat. C’est d’ailleurs une association apolitique, représentant une grande diversité d’acteurs et de personnalités de l’île, qui est à l’origine de cette démarche de candidature où les talents et l’implication de tous sont sollicités. Les habitants sont invités à être acteurs et forces de propositions pour contribuer au développement économique et social de la Martinique, dans le respect de l’environnement et de la culture locale. De cette façon, ils peuvent partager les atouts de leur commune et de la Martinique, mais aussi leurs propositions sur les quatre thématiques phares du dossier de candidature : les richesses naturelles ; les richesses culturelles ; les savoir-faire, produits et activités liés au développement durable ; et les actions de recherche et d’éducation à l’environnement.

Richesses naturelles – Par sa position géographique, la ville de Sainte-Luce a un atout incontestable : son littoral. La mangrove et les récifs coralliens lui sont associés.  Dans les terres, c’est la forêt de Montravail qui a fait l’unanimité, ainsi que le point de vue En Tcholo au quartier Epinay.

En Martinique, les richesses naturelles les plus évidentes aux yeux de tous ont été la Montagne Pelée et le Rocher du Diamant. Les points de vue, comme celui qu’offre le Morne Gommier au Marin, les espèces endémiques comme le trigonocéphale et l’iguane des Petites Antilles, ainsi que les essences et plantes médicinales ont été désignés. De plus, l’eau est une formidable richesse, non seulement du fait des littoraux de l’île et de ses nombreuses Anses, mais aussi des rivières et des sources. Cependant, l’érosion attaque le bord de mer, et le changement climatique, les cyclones et tremblements de terre mettent au défi le vivant. De plus l’être humain est à l’origine de pollutions, terrestres et marines, menaçant ces richesses naturelles. Enfin, les sargasses représentent également un sujet préoccupant en Martinique et dans la Caraïbe.

Richesses culturelles – La commune détient des richesses culturelles d’une grande variété. Cela va de l’histoire des Arawaks avec les roches gravées de la forêt de Montravail, à son Eglise, en passant par la fabrication de gommiers et de coiffes traditionnelles : Maré têt et Calandé têt. De plus, la vie associative y est particulièrement active, et les enfants apprennent les langues étrangères, anglais et espagnol, à partir de la maternelle. Enfin comment ne pas citer la distillerie Trois Rivières !

Les participants étaient tout particulièrement fiers de partager les richesses culturelles de la Martinique, et en ont nommé un grand nombre. Tout d’abord sa richesse musicale : le zouk de Kassav, le jazz d’Eddy et Pierre Louis, mais aussi les danses traditionnelles associées, comme la mazurka, le bèlè, le damier et la haute taille. Egalement ses monuments, ses ruines et sa richesse architecturale : le Fort Saint-Louis, le mémorial Cap110 et la Maison du Bagnard au Diamant, les ruines de Saint-Pierre, et les Habitations. L’artisanat fut aussi cité, avec la fabrication de nasses traditionnelles en bambou, les coiffes et costumes traditionnels et le bakoua. Des événements, comme le Tour des Yoles, le Tour cycliste, le Carnaval, et les animations de la Toussaint, mais également des savoir-faire : la pêche traditionnelle et la gastronomie (boyoton, trempage, …). Enfin, les Lucéens n’ont pas laissé en reste les écrivains, les chantés nwel, l’enseignement du créole, et les combats de coqs, de serpents et de mangoustes.

Ils estiment primordial de transmettre toutes ces richesses, en créant du lien entre les enfants et les anciens. Pour cela, ils proposent de développer des initiations au gommier et à la fabrication des coiffes. La transmission des mémoires est essentielle pour continuer de faire vivre la culture locale qu’il est important de valoriser par des actions éducatives. Ils souhaiteraient aussi que l’apprentissage des langues tel qu’il se fait sur la commune, dès le plus jeune âge, se généralise à l’ensemble de la Martinique, et que les enfants n’oublient pas le créole.  En ce qui concerne la ville de Saint Pierre, le souhait a été formulé de valoriser son patrimoine sub-aquatique exceptionnel.

Savoir-faire, produits et activités liés au développement durable – La pêche traditionnelle et les coiffes sont des savoir-faire de la commune, tout comme sa gastronomie. A Sainte-Luce, les produits de la mer, poissons dits « bas de gamme » y compris, sont sublimés pour en faire des produits qui éveillent les papilles. De plus, habitants et touristes peuvent se restaurer les pieds dans l’eau, parfois même en musique. Enfin le marché local est une activité de développement durable, car il valorise les producteurs locaux et la vente directe. En Martinique, l’artisanat est dans son ensemble un trésor de l’île. Les participants sont aussi fiers des cultures de café et cacao, ainsi que du label PIL (Produit de l’Industrie Locale). Ils souhaiteraient d’ailleurs que la culture du cacao et du café soit davantage développée, que les marchés locaux soient valorisés, encourageant ainsi la production et la consommation locale, et que le label PIL soit mis sur le devant de la scène régionale et internationale. En outre, l’aménagement du territoire doit également être pensé durablement, de façon à garder un équilibre entre l’aspect environnemental, économique et social.

Recherche et d’éducation à l’environnement – Au sein de la commune, le principal sujet de recherche concerne l’archéologie, compte tenu de son patrimoine d’origine arawak. Quant à l’éducation, des sorties pédagogiques sont proposées dans les écoles, et les associations sont très actives en matière d’éducation à l’environnement, notamment en favorisant les rencontres avec des professionnels (agriculteurs, pêcheurs, artisans, …). L’espace marin fait l’objet d’un projet en cours d’Aire Marine Concertée, initié et porté par le Conseil Municipal, afin d’associer les différents acteurs locaux. Dénommé projet WALIWA (nom d’une espèce de mérou en voie de disparition), il prend aussi en considération un projet d’Aire Marine Educative. Enfin, initiative exemplaire, depuis 10 ans, la ville fait passer un permis piéton aux enfants afin de les éduquer à l’écocitoyenneté.

En Martinique, les participants ont mis en avant les recherches effectuées sur les plantes médicinales et celles destinées à valoriser les sargasses. Et comme tout peut être amélioré, il a été émis le souhait de développer des méthodes de pêche moins destructrices, l’apprentissage du tri sélectif et la sensibilisation, dès le primaire, aux risques naturels majeurs et aux attitudes à adopter en cas de séisme et cyclone.

Pour conclure, la Présidente de l’association a remercié chacun pour ces échanges productifs et fructueux, et les précieuses contributions de la commune de Sainte-Luce à la démarche de candidature.