Comptes-rendus des réunions | Ville de Sainte-Marie

  • 02 Avr 2019

Réunion citoyenne pour le titre mondial de Réserve de Biosphère, ville de Sainte-Marie

 

 

C’est dans la joie et la bonne humeur que s’est déroulée cette dernière réunion du mois de mars, le jeudi 28, dans la commune de Sainte-Marie, berceau du Bèlè. M. le Maire n’ayant pu être présent, c’est M. Camille CASERUS et Mme Carine BERNARD, tous deux élus de la ville, qui ont souhaité la bienvenue aux participants et à l’association. La commune de Sainte-Marie leur a donné l’occasion de formuler de fructueuses propositions d’actions.

Karine ROY-CAMILLE, vice-présidente de l’association, a en premier lieu présenté l’origine du projet porté par l’association Martinique Réserve de Biosphère. Puis, elle a défini les Réserves de Biosphère et a expliqué pourquoi cette désignation pourrait être un réel avantage pour la Martinique. Une particularité précieuse de cette désignation? « Elle permet de se rassembler autour d’un projet commun ». Mais attention, Mme ROY-CAMILLE nous rappelle que « le souhait n’est pas de mettre la Martinique sous cloche » mais au contraire « la volonté de l’association est d’aider la Martinique à se valoriser. C’est un projet de développement durable, c’est-à-dire qu’il permet un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable, dans le respect de la culture locale et avec la spécificité pour la Réserve de Biosphère d’encourager la participation des habitants ».

Une fois informés du projet, les Samaritains et Samaritaines se sont mis en action pour le co-construire. Pour ce faire, ils se sont répartis sur quatre ateliers reprenant les quatre thèmes clés des Réserves de Biosphère: les richesses naturelles ; les richesses culturelles ; les savoir-faire, produits et activités liés au développement durable ; la recherche et l’éducation à l’environnement. Ils ont alors pu échanger sur leurs fiertés dans la commune et en Martinique et proposer des actions à mettre en oeuvre pour les valoriser ou développer des projets.

Richesses naturelles – Le fameux tombolo de Sainte-Marie fut la première richesse naturelle citée par les participants, ainsi que l’avifaune migratrice qu’il abrite, comme la sterne de Dougall qui nidifie sur ce site. On retrouve également les forêts (La Philippe), les parcours pédestres, les trois sources, l’Anse Azerot, les ilets (Tombolo, St-Aubin, etc.), les plages et les tortus luths. Diverses menaces pesant sur ces richesses ont été identifiées, à savoir l’érosion, les rongeurs qui mangent les oeufs des oiseaux, les braconniers pour les tortues et leurs pontes, les sargasses, la pollution humaine notamment avec le plastique, et les embruns marins. A l’échelle de la Martinique, la Montagne Pelée et les pitons font la fierté des participants, ainsi que le rocher du Diamant, les fonds marins, la baie de Fort-de-France, les ilets, les sources d’eau (Chanflor, Didier), les rivières, l’étang des Salines, la Caravelle, la savane des pétrifications, le jardin de Balata, le domaine d’Emeraude, les cultures maraîchères, et enfin la biodiversité. Les menaces rapportées ont été l’éruption volcanique, le climat (cyclones, tempêtes, etc.), la détérioration des fonds marins par les encres des bateaux et le chlordécone.

Richesses culturelles – La commune de Sainte-Marie regorge de richesses culturelles, les habitants en ont fait une liste non exhaustive : l’église Notre Dame de l’Assomption, la maison de la culture KAY NOU, le Bèlè et la maison du Bèlè, la vannerie du Morne des Esses, la fabrication des tambours, la tradition des contes créoles, le train des plantations et le musée de la banane, le musée du rhum, la distillerie St-James et la fabrication des tonneaux, le domaine de Fond St-Jacques, l’habitation du Père Labat, le Pitt Casérus, la course de mulet sur la plage, la fête patronale du 15 août, la fête du rhum, la semaine gastronomique, la foire agricole et le marché traditionnel MANA. Les participants souhaiteraient valoriser certaines de ces richesses, notamment en créant un musée du Bèlè et une université des danses traditionnelles, en professionnalisant la confection des tambours et des fûts. Ils souhaiteraient également pérenniser la fête de l’indianité et réintroduire la course de crabes. Au niveau de la Martinique les participants ont cité des richesses telles que le tour des yoles, le tour cycliste, la baie de St-Pierre, le carnaval, les fêtes de Pâques (crabe d’or, …), le chanté nwel, les Boucans de la baie, les danses traditionnelles, les costumes et bijoux créoles, le créole mais également des monuments tels que la bibliothèque Schoelcher, la maison d’Aimé Césaire et l’architecture créole dans son ensemble. Sans oublier les grands écrivains et peintres. Pour les Samaritains et Samaritaines, une étape du tour des Yoles serait la bienvenue à Sainte-Marie.

Savoir-faire, produits et activités liés au développement durable – À Sainte-Marie, les habitants sont fiers de la société coopérative et participative FARIBA, qui transforme sur place ses produits issus de l’agriculture locale (banane, piment, manioc). Ils sont fiers de leurs cultures de banane et de canne à sucre, ainsi que de leur marché agricole. De plus la ville a été élue ville la plus fleurie de Martinique. Ils saluent également les équipements d’exploitation de l’énergie solaire déjà mis en place : chauffe-eaux, panneaux photovoltaïques, mais aussi les campagnes existantes de sensibilisation aux VHU, qu’ils souhaiteraient cependant renforcer. De plus, deux événements ont été mentionnés : le raid Bèlè, qui est une marche à travers la forêt domaniale, et la course de mulets et chevaux sur la plage. Enfin la réserve naturelle de l’ilet Ste-Marie a été notée ainsi que l’aménagement de l’ilet « qui a permis de valoriser cette richesse brute ». Voici les propositions faites par les samaritains pour leur commune : aider au stockage de l’eau pour les périodes de sécheresse, créer une station de mesure de la qualité de l’air et de l’eau, faire des économies générales d’énergie (exemple des luminaires), créer des bornes de recharge pour les véhicules électriques, améliorer le traitement des eaux usées, et sensibiliser à l’environnement en milieu scolaire en suivant notamment l’exemple de l’action « Pays Propre ». Concernant la Martinique, ils sont fiers des actions déjà mises en place pour favoriser l’utilisation des voitures électriques, mais aussi du TCSP, du traitement et tri des déchets, des aménagements de protection du littoral dans le Sud, du jardin de Balata et du zoo, du label PIL (Produit de l’Industrie Locale), et enfin du surf et du Tchimbé Raid. De manière générale, ils aimeraient trouver un moyen de valoriser les sargasses, continuer de développer les transports en commun et le co-voiturage, et créer une filière de traitement des VHU.

Recherche et l’éducation à l’environnement – Les participants se sont particulièrement concentrés sur l’éducation. De fait, la commune de Sainte-Marie fut une commune de résistance et a ainsi su conserver ses savoirs ancestraux. Savoirs qu’il est important de transmettre. Pour cela, il a été proposé un projet d’Université d’Ingénierie Rurale, où les ainés pourraient enseigner aux divers étudiants : « les aînés pourraient venir nous apprendre ce que nous sommes entrain de perdre ». Il a été souligné l’importance de connaitre son histoire et sa culture pour vivre en harmonie avec la nature. L’éducation des consommateurs a également été citée, pour une consommation locale, respectueuse de l’environnement, qui amène ainsi à un développement économique local. Sur ce point il a été noté l’importance des leaders à montrer l’exemple. Enfin, pour les fiertés martiniquaises d’éducation à l’environnement les associations ASSAUPAMAR et PUMA ont été nommées.

Pour conclure ces échanges féconds, Karine ROY-CAMILLE a repris l’une des dernières propositions, « Nous avons le devoir de pérenniser nos acquis, notre culture, nos traditions ».