Comptes-rendus des réunions | Ville du Saint-Esprit

  • 06 Juin 2019

Réunion citoyenne pour le titre mondial de Réserve de Biosphère, ville du Saint-Esprit

 

Mardi 4 Juin, le Maire et les habitants du Saint-Esprit nous accueillaient dans leur belle commune pour apporter leur contribution à la candidature de la Martinique au titre mondial de Réserve de Biosphère.

Dans leurs discours d’accueil, Monsieur le Maire, Fred Michel Tirault, et Monsieur Eddy Pognon, Directeur des services jeunesse et développement économique, ont chacun remercié les membres de l’association et les habitants présents. Par ailleurs, monsieur le Maire nous a rappelé que nous étions à la veille de la journée mondiale de l’environnement, et de fait les objectifs de cette journée croisent ceux de la Réserve de Biosphère : être les acteurs du changement.

C’est sur ces mots chaleureux, que la Présidente de l’association, Nathalie de Pompignan, a pris le temps d’expliquer le projet de candidature. La Réserve de Biosphère est un outil qui apporte une reconnaissance mondiale et est générateur d’attractivité. Pour l’obtenir, la participation de l’ensemble des Martiniquaises et Martiniquais est nécessaire et les talents de tous sont sollicités. Valoriser et fédérer sont les maîtres mots de ce projet, un projet qui émane de la société civile pour mettre en valeur les mille et un trésors de notre île.

Les participants se sont répartis en quatre ateliers distincts reprenant les thématiques de la candidature : les richesses naturelles ; les richesses culturelles ; les savoir-faire, produits et activités liés au développement durable ; et la recherche et l’éducation à l’environnement. Sur chacun de ces sujets, ils se sont accordés sur ce dont ils sont fiers au Saint-Esprit et en Martinique, et sur les actions proposées en matière de développement et valorisation. Puis chaque groupe a restitué ses réflexions à l’ensemble des participants. Ce fut également l’occasion pour les habitants de connaître les projets de la commune en termes de développement durable, de valorisation des biens culturels et de sensibilisation à l’environnement, que Monsieur le Maire était heureux de partager.

Richesses naturelles – La forêt de Bois la Charles est une des grandes richesses naturelles du Saint-Esprit. Les habitants sont également fiers de leurs rivières et sources (Parapel, Riboule), de la cascade Firmin et des points de vue, notamment depuis les différents mornes (Baldara, Babet, …). A l’échelle de la Martinique les participants ont identifié les mangroves, la Montagne Pelée, les pitons, le rocher du Diamant, les sentiers pédestres, les rivières, les sources d’Absalon et les eaux de Didier et Chanflor. Sans oublier le Filao connu comme le « sapin de noël martiniquais ». Cependant, des éléments menaçant ces richesses ont été signalés : le déboisement, le chlordécone, les pesticides, la pollution (déchets, VHU, …), les dégradations des mangroves et sites naturels, et les événements climatiques. Une menace propre à la commune a été identifiée : la jacinthe d’eau. Cette dernière, envahissante, prolifère dans les rivières du Saint-Esprit. L’opportunité pour les habitants de proposer un koudmen à la commune pour les extraire, voilà un bel exemple d’action pour la préservation d’un bien commun !

Richesses culturelles – De nombreuses richesses culturelles ont été nommées par les habitants : la fête patronale, le marché, les associations sportives et culturelles, l’association Bel’Ambition, les foyers ruraux, l’espace Culturel Georges-Gabriel Fitte-Duval, le stade Pavilla, la médiathèque Alfred Melon Degras, et l’artiste Spiritain Léon Sainte Rose. De plus, le Saint-Esprit possède un important patrimoine architectural, notamment sa mairie classée monument historique et les maisons créoles dont 22 sont classées ainsi que la maison Tell. Puis à l’échelle de la Martinique, les participants ont manifesté leur fierté pour la littérature et ses auteurs (A. Césaire, E. Glissan, …), les musiques traditionnelles et le zouk, le Ballet Pomme Cannelle, le vidé, le damié (Ti Emile), les chantés nwel, la yole ronde, la maison du Bèlè, le Pitt et ses combats de coqs, et les cultes religieux. Enfin ils sont fiers que deux grandes Dames de l’histoire, Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Ier, et Madame de Maintenon, épouse de Louis XIV, aient été respectivement native et habitante de la Martinique. Ces richesses, qui les rendent fiers d’être Spiritains et Martiniquais, ils souhaiteraient les revaloriser. En particulier le créole, les costumes traditionnels, la pharmacopée locale, et les marchés (du producteur au consommateur) qui, ajoutés au bien-manger, développe le lien social. De plus, la transmission de l’histoire, des traditions et des savoirs leur semble primordiale. Ils ont d’ailleurs émis une idée d’action en ce sens : mettre en place des ateliers culturels auprès des scolaires. En outre, la commune du Saint-Esprit va faire revivre son musée des arts et traditions populaires.

Savoir-faire, produits et activités lié au développement durable – L’agriculture au Saint-Esprit rend fiers les habitants, spécifiquement l’agriculture biologique diversifiée, la ferme d’élevage porcin, et plus particulièrement la ferme biologique d’insertion Bontemps Lacour – ADESCO (Association Développement des Cultures et des Solidarités). Les Spiritains sont également fiers du tressage de bakoua et de la galerie Tan Lontan. En Martinique, on retrouve l’écotourisme et le tourisme vert, l’Orgapeyi qui est une association d’agriculteurs et de producteurs martiniquais œuvrant pour une production saine, les cultures de caco, manioc, patate douce, le fruit à pain, et la gastronomie, le rhum, les plantes médicinales (rimed razié), la yole ronde et le gommier, et les musiques et costumes traditionnels. Ils proposent alors de valoriser les produits locaux et favoriser la consommation locale, développer le jardinage et particulièrement la permaculture, revaloriser les sources et accroître l’utilisation et l’exportation du vétiver. De plus, la commune va s’essayer au transport propre et partagé et aimerait que cela s’étende à l’ensemble des communes pour devenir une île pilote dans le domaine.

Recherche et éducation à l’environnement – La ville du Saint-Esprit a obtenu le premier prix pour la transmission du savoir à l’occasion du concours « Villes et villages fleuris », avec une distinction 1,2,3,4 fleurs. Elle est aussi à l’origine d’un projet de street-art pour sensibiliser à la préservation de l’eau, réalisé conjointement par des artistes et des jeunes sur les palissades de la déchetterie de la ville. De plus, un projet de sensibilisation va être initié à la rentrée « Prends ta ville en main » pour faire des jeunes des ambassadeurs et gardiens de la propreté et de l’embellissement de leur quartier. Des actions d’éducation à l’environnement et reconnaissances qui rendent fiers les Spiritains et leurs élus ! Puis en Martinique, c’est l’action « Pays propre » qui a été mise en avant, pour ses actions de sensibilisation au nettoyage des plages. Aujourd’hui les participants souhaiteraient que la recherche sur les plantes endémiques soit approfondie et que l’on encourage les populations à planter des espèces locales. Mais aussi développer la recherche sur l’énergie solaire, pour être en capacité de réaliser la production, la maintenance et le recyclage des panneaux solaires. Quant à l’éducation à l’environnement, outre la sensibilisation des jeunes, il a été proposé de réaliser des concours sur des thématiques environnementales pour sensibiliser les adultes, pour qui la compétition semble déjà être un moyen efficient de sensibilisation.

« Il est important de faire émerger nos spécificités », s’exprime une habitante. Voilà une belle conclusion pour ces ateliers.

Pour finir, Jean-Paul Jouanelle, Vice-Président de l’association, a clôturé cette réunion en mettant l’accent sur l’ouverture au monde qu’apportera le réseau des Réserve de Biosphère à la Martinique. « Nous sommes vraiment doués, il faut proclamer cela à la face du monde ».